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Barn House, Val-Morin

FORME ARCHÉTYPALE DE LA GRANGE-ÉTABLE
Implantée dans une clairière entourée des montagnes des Laurentides (Québec, Canada), cette maison unifamiliale et lieu de travail pour un couple avec plusieurs enfants a été créée en s’inspirant de la forme archétypale traditionnelle de la grange-étable, modèle états-unien qui a fait son apparition au Québec au XIXe siècle et fut popularisé par les bulletins agricoles.  Au lieu de construire divers bâtiments ayant chacun une fonction distincte, on bâtit un seul édifice abritant les animaux à l’étage inférieur, les réserves de grain dans les combles et, éventuellement, de la machinerie dans les annexes.  Cette fonction à volets multiples était pratique et économique : elle permettait, entre autres avantages, de limiter les déplacements du cultivateur et de rentabiliser les efforts demandés par l’accroissement du cheptel. La forme de cet archétype consiste en une volumétrie simple, une structure rectangulaire allongée de deux étages coiffée d’un toit «brisé» ou «mansardé» à deux versants et à pente moyenne.  De conception sobre et fonctionnelle, elle comportait de larges ouvertures ainsi que de plus petites pour la ventilation.  Elle s’est adaptée aux besoins des agriculteurs par l’ajout d’annexes latérales au fil du temps.

 

ACTIVITÉS PROFESSIONNELS ET DOMESTIQUES DANS UN MÊME LIEU
Dans ce projet où la famille concentre toutes ses activités professionnelles et domestiques dans un même lieu, un volume rectangulaire principal abrite à l’étage inférieur les espaces de jour (séjour, cuisine, salle à manger et bureaux de travail) et, à l’étage supérieur, les chambres.  Comme dans l’archétype de la grange-étable, des ajouts viennent se greffer au bâtiment principal : un volume s’y emboîte obliquement et abrite le garage; un plan horizontal et un plan vertical y sont annexés pour créer à la fois un balcon et une marquise.  L’étage inférieur, qui sert aux taches professionnelles durant le jour, est une aire ouverte, c’est-à-dire qu’il ne comporte aucun murs hormis les murs du bloc-service : un escalier de bois et de verre clair sépare le bureau de travail du séjour qui sert à l’occasion de lieu pour recevoir les clients; un foyer double-face sépare le séjour de la salle à manger (qui sert de salle de conférence durant les heures de bureau). Ce foyer, au coeur des activités quotidiennes de la maison, se prolonge au deuxième étage dans la chambre principale.  Le foyer et l’escalier sont disposés dans l’espace comme des éléments sculpturaux.

 

DE L’ESPACE PUBLIC À L’ESPACE PRIVÉ
La façade avant de la maison offre peu d’ouvertures de fenêtres afin de préserver une certaine intimité depuis la rue: deux fenêtres au rez-de-chaussée servent de vitrine pour les bureaux et quatre plus petites fenêtres à l’étage donne sur le corridor menant aux chambres.  La porte d’entrée principale, bien qu’elle soit vitrée, ne brime pas l’intimité car elle donne sur l’allée de circulation qui sépare le bureau du séjour. Les autres façades sont quant à elles beaucoup plus fenestrées: le séjour et la salle à manger comportent une large fenêtre fixe et deux larges porte-patios qui donnent directement sur le patio et la piscine.  L’espace-bureaux comporte une large porte accordéon en verre et, lorsque ouverte, fait en sorte que l’intérieur et l’extérieur s’interpénètrent et se confondent.  La façade arrière du bureau comporte également deux fenêtres pleine hauteur ce qui fait en sorte qu’en travaillant, on donne à voir le paysage, les montagnes de trois différents points de vue.  L’espace-bureaux a son propre patio de telle sorte que les pauses-cafés, dîners et réunions peuvent se prendre et se tenir à l’extérieur. À l’étage, la suite des maîtres située côté jardin, comporte plusieurs fenêtres sur deux pans de mur, dont une porte qui donne sur une terrasse surplombant la piscine.  Une autre chambre, également située à côté jardin, comporte une fenêtre et une porte qui donne aussi sur la terrasse.  Les deux autres chambres ont chacune une large fenestration angulaire qui offre à voir une magnifique vue sur les montagnes des Laurentides.

 

LES MATÉRIAUX
À l’étage, les murs intérieurs qui donnent sur l’extérieur et les planchers sont en lambris de bois roux, tandis que les autres murs sont en gypse peint blanc. Au rez-de-chaussée, les plafonds sont du même bois roux, les murs de gypse blanc et les planchers en béton poli, le béton se prolongeant sur le patio extérieur qui est au même niveau éliminant la limite entre l’intérieur et l’extérieur. Le lambris de bois intérieur du plafond se prolonge également à l’extérieur sous la marquise, celle-ci se transformant en mur afin de créer une certaine intimité entre la cour et l’espace bureau. La maison est revêtue à l’extérieur de panneaux de fibro-ciment, gris foncé à l’étage et de couleur blanche au rez-de-chaussée dont les découpes ont été parfaitement étudiées créant un rythme harmonieux.  Du bois de cèdre rouge apporte chaleur à cette palette de couleur monochrome.

 

ART INTÉGRÉ À L’ARCHITECTURE
Intégrant l’art pictural à l’architecture, le projet met en scène une série de tableaux, Crypta XVII (ou Les Cathédrales souterraines XVII), des oeuvres au jet d’encre pigmentée imprimés sur papier réalisées par Diane Lafontaine qui sont installés judicieusement aux murs dans toute la maison.