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Hôpital général juif, Montréal | GKC/JLP/MT

Diane Lafontaine a travaillé en tant qu’architecte pour le consortium d’architectes Gross Kaplin Coviensky | Jodoin Lamarre Pratte | Marosi Troy prenant part à cet important projet d’architecture institutionnelle de grande envergure situé dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal. Il s’agit d’un projet d’agrandissement majeur de l’Hôpital général juif regroupant dans une nouvelle construction (le pavillon K) les fonctions de soins critiques, de soins intensifs et de soins d’urgence de l’hôpital.  

LES FONCTIONS
Le projet comprend une urgence, un bloc opératoire de 18 salles d’opération, un hôpital de jour, 2 étages de soins intensifs et coronariens, une suite d’hémodynamie, des départements d’obstétrique et de néonatalogie, 6 étages d’unités de soins regroupant 152 chambres simples, dont un étage pour 24 lits en isolement, un secteur de stérilisation, un secteur d’approvisionnement, des aires communes (hall, foyer, atrium, foire alimentaire et toilettes publiques), des services ambulatoires et cliniques, thérapeutiques et diagnostiques, des services à la clientèle, d’archivage, de logistique et de soutien (ateliers, quai de réception, expédition, approvisionnement), ainsi que des services alimentaires, administratifs et informatiques. 

HISTORIQUE DU SITE

Le bâtiment, O’Nessy, est construit sur le site de l’ancien asile pour vieillards des Petites Soeurs des pauvres. En 1892, la congrégation fait construire sur un site boisé un asile et une chapelle pour 80 personnes agées et une douzaine de religieuses. Le bâtiment d’origine est implanté au haut de la falaise adjacente à la voie ferrée est-ouest du Canadien Pacifique. L’accès à la propriété se faisait par la rue des Seigneurs (aujourd’hui disparue) située à l’ouest puis au sud du bâtiment. Sa façade, sur la rue des Seigneurs parallèle au chemin de fer, surplombait la ville et avait vue sur le fleuve tandis que l’arrière du bâtiment donnait sur la ruelle qui séparait des maisons bourgeoises situées sur le boulevard René-Lévesque Ouest (anciennement boulevard Dorchester). Tout autour du bâtiment, on y avait aménagé un grand jardin avec pergola, pavillon et grotte. Il s’agissait d’une implantation pavillonnaire au coeur de la ville. Mais, le site a été transformé au fil des ans: lors des travaux d’élargissement du boulevard Dorchester, les résidences bourgeoises qui le longeaient jadis sur son côté sud furent démolies. La construction de la bretelle d’issue de l’autoroute Ville-Marie dans les années 1960 entraîna la disparition des jardins à l’ouest du bâtiment et la fermeture d’une partie de la rue des Seigneurs, la perte de l’entrée au site, avec pour conséquence la complète désorientation du bâtiment d’un point de vue urbain. Le site fut amputé à l’est par l’ajout de la rue Joseph-Manseau, rendue nécessaire pour permettre l’accès à la propriété. La partie du site entre l’asile et le boulevard Dorchester (où étaient situées les maisons bourgeoises et la ruelle) fut asphalté et l’ensemble clôturé.

LE PROJET DANS SON ENSEMBLE
Le bâtiment d’origine de la maison Saint-Édouard avec ses toitures mansardées construit en 1892 fut conservé tandis que les ajouts de 1911 et de 1950 avec toitures plates furent démolies. L’extérieur du bâtiment historique de 1892 fut en grande partie restauré et l’intérieur complètement rénové pour accueillir des unités d’habitation et les espaces communs pour les habitants de cet ensemble résidentiel et un grand jardin est aménagé sur le site. Un bâtiment de 15 étages, O’Nessy, est construit aux abords du boulevard René-Lévesque à l’emplacement des maisons bougeoises démolies. Un autre bâtiment de 20 étages, Shaughn, est construit aux abords de la rue Joseph-Manseau, redéfinissant l’espace urbain. Ces deux nouveaux bâtiments viennent enceintrer sur deux côtés le grand jardin commun dans lequel repose le bâtiment historique, jardin semé de plantes indigènes et comprenant des arbres matures dans la falaise. 

L’ENVELOPPE DU BÂTIMENT
L’édifice O’Nessy est fractionné en deux volumes: un volume de verre donnant sur le boulevard René-Lévesque Ouest et un volume de brique donnant sur le grand jardin où repose la maison Saint-Édouard. Le volume en verre ponctué par des bandeaux horizontaux en aluminium de couleur zinc s’appuie sur un basilaire en brique grise aux reflets métalliques de 2 étages en retrait par rapport à la rue. La brique du volume qui donne sur le grand jardin est de la même couleur créant un ensemble monochrome.

DU PUBLIC AU PRIVÉ
Compte tenu qu’il comporte des logements au rez-de-chaussée et au 2e étage, le bâtiment implanté sur René-Lévesque Ouest comporte un espace de transition, un espace gazonné planté d’arbres et arbustes, entre l’espace public et l’espace privé – l’espace public étant le trottoir et la rue, et l’espace privé, les intérieurs des logements, permettant plus d’intimité aux résidents de ces logements. Également pour plus d’intimité: les fenêtres du rez-de-chaussée ne vont pas jusqu’au sol. 

LES INTÉRIEURS
Réparties le long d’un corridor central longitudinal, certaines unités d’habitation font face au boulevard René-Lévesque Ouest tandis que les autres font face au grand jardin de la maison historique Saint-Edouard construite en 1892. Les intérieurs des logement sont sobres: plancher de bois, mur en gypse et structure de béton laissée apparente au plafond.